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ELYSEE : UN BUDGET DE RUPTURE
Après trois années de « stabilité » pendant lesquelles le budget de
l’Elysée augmentait au même rythme que les dépenses de l’Etat, le budget de la présidence enregistre, en 2007, une forte hausse (+8,4% soit +2,727M d’euros), trois fois et demie
supérieure à celle de l’Etat (+2,33%)
Ce résultat figure dans le rapport d’exécution du budget 2007 qui vient de
paraître. Alors que le projet de budget 2007 avait été présenté en diminution (- 2,10%) par J. Chirac, son augmentation réelle est la plus forte depuis 2003.
En cours d’année, ce budget a été complété par un crédit supplémentaire :
cette pratique avait été abandonnée depuis cinq ans.
Trois postes expliquent cette augmentation :
1/ Les frais de personnel augmentent de 1,6M d’euros soit +10,9%.
Cette hausse résulte, pour l’essentiel, de l’augmentation des effectifs :
957 personnes au 1er janvier 2006, 983 au 1er juillet 2007, 1045 au 1er octobre 2007, soit +88 personnes (+9%).
Cette augmentation concerne toutes les catégories de personnel, à savoir les
contractuels, recrutés et payés directement par l’Elysée (de 91 à 117, +26), les personnels détachés par certaines administrations (et la ville de Paris) dont le traitement est remboursé
par l’Elysée (de 64 à 68), enfin les personnels mis à disposition par les ministères et institutions assimilées (de 802 à 860).
Cette hausse devrait s’intensifier en 2008 puisque les crédits prévus au budget
2008 progressent de 13,5% par rapport à 2007.
2/ Les charges des services (éclairage, chauffage, carburants, téléphone…)
augmentent de 9,4% (+1,588M d’euros) malgré les nombreuses économies réalisées (mais non chiffrées) qui figurent dans le rapport d’exécution.
La hausse résulte, pour partie, des gros travaux d’entretien qui augmentent de
53% d’une année sur l’autre, progression caractérisée de « légère » par l’Elysée.
L’évolution de ce poste de dépenses fait apparaître à quel point le budget 2008
était irréaliste sur ce point : en 2006, la dépense s’est élevée à 14,858M d’euros ; en 2007, elle passe à 15,403M d’euros et, pour
le budget 2008, elle est évaluée à 14,070M d’euros soit une baisse de 1,3M (-9%)
Lors de la discussion budgétaire, René Dosière avait soulevé cette diminution
artificielle qui n’avait d’autre objectif que de dissimuler la hausse réelle du budget 2008.
3/ La rémunération du Président de la République :
Depuis le 1er janvier 2008, le traitement du Président de la
République est fixé par la loi, à hauteur de celui du Premier ministre.
Le compte rendu d’exécution fait apparaître que, dès son arrivée à l’Elysée,
Nicolas Sarkozy avait décidé - seul et dans la plus grande discrétion - d’augmenter une première fois sa rémunération puisque les crédits à ce titre sont passés de 101 125 euros à 130 638
euros (+29%).
Du côté des recettes, on note deux particularités de ce budget
2007.
Tout d’abord, les recettes directes en provenance « des participations
parentales au fonctionnement de la crèche et aux intérêts du compte de dépôt de fonds au Trésor » ont curieusement diminué de 10,3% alors que le rapport évoque de nouvelles recettes
telles que « le paiement des plateaux repas par les conseillers et le paiement des charges des logements de fonction par le personnel logé ».
Apparemment, les effets tardent à se faire sentir.
Par ailleurs, le montant du compte a augmenté puisque selon la récente réponse
du Premier ministre à la question n° 142 de René Dosière (JO du 3 juin 2008), il est passé de 10,4M d’euros au 1er janvier 2007 à 12,1M d’euros au 16 mai 2007 ; les
intérêts générés auraient dû également augmenter.
Pour équilibrer les dépenses, l’Elysée a dû faire appel aux excédents dégagés
sur la gestion 2006 (412 787 euros).
On comprend mieux pourquoi ces crédits n’avaient pas été reportés sur le budget
2008 : ils avaient déjà été utilisés en 2007 !
Sans l’utilisation de cet excédent (auquel il faut ajouter celui de 2005), la
gestion 2007 de l’Elysée aurait été déficitaire, ce qui aurait constitué une première dans le budget de la Présidence.
Mais, même avec ces sommes, l’excédent de gestion se réduit à 6421 euros contre
412 787 en 2006 et 135 383 en 2005.
Sarkozy peut dire merci à J.Chirac.
Toutes ces dépenses nouvelles sont justifiées - nous dit-on - par
l’augmentation de l’activité de la Présidence.
Mais on aimerait savoir si le budget du Premier ministre a diminué en
conséquence.
En 2008, le budget de la Présidence incorporera les dépenses financées par les
divers ministères.
S’agissant de leurs participations en 2007, on les connaîtra lorsque les
ministères auront répondu aux 50 nouvelles questions écrites que René Dosière vient de leur poser.
Il faut espérer que les engagements pris concernant la transparence sur les
dépenses seront mieux tenues qu’avec ce premier rapport sur l’exécution du budget 2007.
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