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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:32

A l'occasion du débat concernant les retraites, l'on ne manque pas de stigmatiser une nouvelle fois la "retraite" des parlemantaires dont le montant a pourtant été réduit de 32% pour les députés élus en 2012. Pour combattre les idées reçues sur ce sujet, je viens de faire paraitre dans le Monde.fr, l'article suivant:

   le monde.fr-copie-1 "Clarifier la retraite des parlementaires"

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Published by René Dosière
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 16:27

La transparence progresse à l'Assemblée Nationale. Pour la première fois, le budget de l'Assemblée - plus exactement les comptes de l'année précedente - est mis en ligne sur le site Internet de l'Assemblée. Jusqu'à présent, et depuis 1993, seule une synthèse simplifiée rédigée par le président de la commission de vérification des comptes était publiée et diffusée. A plusieurs réprises, quand j'étais membre de cette commission, j'ai proposé que le rapport des questeurs sur le reglèment des comptes, soit mis en ligne, c'est fait, je me réjouis de ce progrès démocratique. Désormais il est possible à chacun de consulter le montant des dépenses (et des recettes) effectivement réalisées et de les rapprocher des prévisions budgétaires même si ce rapprochement n'a pas une grande signification compte tenu de l'autonomie financière dont dispose l'Assemblée, et qui lui permet d'ajuster, en tant que de besoin les montants en cause. 

Le rapport des questeurs permet cependant de connaitre les dépenses réalisées  également l'année précédente (en l'occurence l'année 2011) et de suivre l'évolution des crédits à un fort niveau de précision. Pour les articles, c'est la nomenclature à quatre chiffres qui est utilisée. Au total le document comporte 185 articles !

La publication de ce document, qui comporte en outre de nombreuses explications a conduit la commission de vérification des comptes (qui a la responsabilité d'approuver ce document) à simplifier son rapport. Je souhaite qu'à l'avenir, on ajoute à ce rapport quelques annexes complétant les analyses financières, comme cela avait déjà été le cas dans un passé récent à l'époque où le document n'était pas rendu public (par exemple, tableau des effectifs, fréquentation du site internet, visiteurs accueillis à l'Assemblée etc...). Quoiqu'il en soit, il faut se réjouir de ce pas important accompli dans la transparence du fonctionnement de l'Assemblée et de souhaiter qu'il inspire le Sénat et la Présidence de la République qui limitent la publication de leur budget à quelques lignes beaucoup trop globales.

Pour prendre connaissance des comptes de l'Assemblée Nationale 2012, cliquez sur le lien ci après : link

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Published by René Dosière
15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 14:46

J'ai récemment donné deux interviews concernant mon sentiment sur la réserve parlementaire.

Pour prendre connaissance de ces articles, cliquez sur les liens ci-après: 

Journal "le Point" du 11 juillet dernier: 

link

Journal "Marianne" du 6 juillet dernier: 

link



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Published by René Dosière
8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 12:02

Par delà les réactions démesurées et politiciennes qu’elle a suscitées, la décision du Conseil constitutionnel confirmant le rejet du compte de campagne de Nicolas Sarkozy, et impliquant le non remboursement public d’une partie des frais engagés, a le mérite de rappeler aux Français que les dépenses électorales sont réglementées et, contrôlées avec rigueur.

La France a mis en place, depuis les années 1990, une législation précise concernant l’ensemble des campagnes électorales, depuis les municipales (quand la population est supérieure à 9 000 habitants) jusqu’à la présidentielle. A partir de 2014, les élections sénatoriales, jusqu’alors exclues, seront-elles aussi concernées.

Cette législation repose sur les bases suivantes.

Chaque candidat doit retracer, dans un compte mis en forme par un expert comptable, l’ensemble des dépenses à caractère électoral, engagées par lui-même (et ses soutiens) durant une période d’un an précédent l’élection. Le candidat ne pouvant effectuer lui-même aucun mouvement d’argent, doit obligatoirement désigner un mandataire financier, seul habilité à signer (et à encaisser) chèques et, dans d’étroites limites, l’argent liquide.

Le plafonnement des dépenses constitue l’élément essentiel de cette législation. En effet, pour éviter les débauches et dérives financières que l’on constate, par exemple, aux États-Unis, - et qui limite les campagnes aux candidats fortunés - le législateur a fixé, pour chaque type d’élections un plafond de dépenses.

Ainsi, pour une élection législative dans une circonscription type (120 000 habitants), le plafond s’élève à 56 000 euros. Pour l’élection présidentielle le plafond est de 22 509 000 euros.

Le respect de ce plafond est impératif : tout dépassement est sanctionné. Ce plafonnement entraîne l’interdiction de certaines dépenses comme le recours à la publicité dans les médias (en dehors de la propagande officielle, tellement convenue qu’elle n’intéresse plus grand monde). Pour s’assurer du respect de ces règles, le législateur a mis en place un gendarme particulièrement vigilant : il s’agit de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, autrement dit la CNCCFP. Composée de 9 magistrats indépendants issus, par tiers, du Conseil d’Etat, de la Cour de Cassation, de la Cour des comptes, elle est présidée depuis 2005 par M. François Logerot, ancien premier président de la Cour des comptes (2001-2004). Pour accomplir sa mission de contrôle et de vérification des comptes, la commission dispose d’un budget annuel de moins de 6 millions d’euros, ses agents permanents (une quarantaine) étant assistés de 150 à 200 vérificateurs vacataires à temps partiel recrutés parmi les fonctionnaires et magistrats en activité ou en retraite pour examiner les comptes électoraux dans des délais limités.

L’expérience et l’expertise acquises au fil du temps par la commission sont exposées dans les 14 rapports d’activité publiés depuis 1990 (le dernier en avril 2012). Jusqu’en 2007, les comptes de l’élection présidentielle échappaient à son contrôle, le Conseil constitutionnel étant alors seul compétent. A la suite des élections de 2002, ce dernier a préconisé le transfert à la commission de l’examen des comptes, - ce qui a été fait pour l’élection présidentielle de 2007 - tout en demeurant, en dernière instance, juge des décisions de la CNCCFP. En effet, la CNCFFP n’est pas une juridiction : les sanctions qu’elle est amenée à proposer, en application des dispositions législatives, sont soumises aux juridictions compétentes : conseil d’Etat pour les élections locales, Conseil Constitutionnel pour les élections législatives et présidentielles.

La décision rendue par le Conseil constitutionnel est donc bien différente de celle de 1995. On sait, aujourd’hui, qu’à l’époque, les vérificateurs du Conseil avaient contesté la sincérité des comptes d’Édouard Balladur et de Jacques Chirac (ce dernier élu) et proposé leur rejet. Pour des motivations politiques, le président du Conseil constitutionnel d’alors, Roland Dumas, avait usé de son influence auprès des membres du Conseil pour obtenir la validation des comptes en question en occultant les irrégularités.

Le Conseil constitutionnel pour prendre sa décision, disposait de l’examen complet et détaillé mené par les experts de la CNCCFP. Cet examen faisant apparaître de multiples irrégularités, en particulier la sous-estimation de certaines dépenses, la commission avait refusé de valider les comptes. Conséquence automatique de ce rejet, le non remboursement par l’Etat des dépenses financées par les ressources propres du candidat.

Avant de prendre cette décision de rejet, la commission avait demandé à N. Sarkozy et à son mandataire financier des éclaircissements qu’ils n’ont pas obtenu, ce qui témoigne d’une certaine légèreté (ou d’un sentiment d’impunité ?).

Saisi en appel, le Conseil constitutionnel a lui même procédé à des vérifications détaillées et contradictoires. Il a approuvé les analyses de la CNCCFP sauf sur un point important : la frontière entre les dépenses du Président-candidat (aux frais de l’Etat) et celles du candidat-président (qui doivent figurer dans le compte de campagne). La CNCCFP, qui avait été alertée par les socialistes sur cette confusion possible, avait alors précisé sa doctrine à ce sujet – y compris à l’équipe de campagne de N. Sarkozy – en considérant que seules les manifestations présentant un caractère électoral avéré, devaient être prises en compte. Or, la CNCCFP a remarqué que le compte déposé « ne contient aucune dépense se rattachant à une manifestation ou à une action de propagande antérieure au 15 février 2012, date de la déclaration publique de candidature » alors qu’elle considère que certains déplacements du chef de l’Etat présentaient un caractère électoral. Au-delà même de la dépense en cause, cette observation était lourde de conséquences. En effet, toute dépense prise en charge par une personne morale autre qu’un parti, en l’espèce l’Etat, constitue un mode de financement irrégulier et sanctionnable d’un rejet du compte.

Sur ce point – important – le Conseil constitutionnel a désavoué l’analyse de la commission en déclarant que « la législation relative au financement des campagnes électorales n’a ni pour objet ni pour effet de limiter les déplacements du Président de la République non plus que sa participation à des manifestations publiques s’inscrivant dans l’exercice de sa charge ».

Il est donc inexact – voire farfelu – de prétendre qu’un président sortant ne pourrait plus se déplacer la dernière année de son mandat. Il doit exercer la même prudence que tous les élus en poste qui, lorsqu’ils se représentent, évitent les manifestations à caractère électoral marqué ce que la plupart d’entre eux ont parfaitement intégré, en s’appuyant sur la jurisprudence et les conseils de la CNCCFP.

En outre, la sanction consécutive à ce rejet, est moins rigoureuse que celle applicable, par exemple, aux députés qui, dans un tel cas, sont sanctionnés par l’inégibilité et donc la perte de leur mandat, comme ce fut le cas pour deux députées socialistes élues par les Français de l’étranger. S’agissant de l’élection présidentielle, l’inégibilité étant particulièrement inadaptée, seules ont été retenues les sanctions financières à savoir, pas de remboursement par l’Etat et « sanction » au candidat qui doit payer une amende correspondant au montant du dépassement (en l’occurrence 466 118 euros). De plus le candidat doit rembourser l’avance forfaitaire consentie par l’Etat à  chaque candidat en début de campagne (153 000 euros). La prise en charge par l’Etat, dés lors que le compte est approuvé, d’une partie des dépenses, constitue l’un des aspects du financement public de la vie politique.

A cet effet, la législation concernant les recettes est, également, très précise. Trois types de financements sont seuls autorisés : le financement des partis politiques, en argent ou en nature (prise en charge directe de certaines dépenses. S’agissant de N. Sarkozy, l’UMP a participé à hauteur de 6 291 694 euros (27% des dépenses). Tout financement par une personne morale autre qu’un parti politique, par exemple une collectivité publique ou une entreprise privée, est strictement interdit et sanctionné. Deuxième type de financement : les dons des personnes physiques, plafonnés à 4 600 euros maximum par personne, cette contribution donnant droit à une déduction fiscale de 66%. Pour la campagne de N. Sarkozy, 5 817 956 euros (un quart des recettes) ont été collectés à ce titre. Enfin il y a l’apport personnel du candidat, généralement financé par un emprunt : 10 661 127 euros pour N. Sarkozy, soit prés de 50% des dépenses. Seul cet apport personnel du candidat fait l’objet d’un remboursement par l’Etat, avec un plafond fixé à 47,5 % du total des dépenses autorisées (et à condition d’avoir obtenu 5% des voix). C’est ce remboursement dont sera privé N. Sarkozy. Telles sont les règles applicables à toutes les élections politiques. Dans cette affaire, il apparaît clairement que l’équipe de campagne de N. Sarkozy a fait preuve de légèreté, pour ne pas dire d’amateurisme. En effet, l’examen du compte de N. Sarkozy fait apparaître que de multiples dépenses ont été omises pour un total de 1 532 951 euros selon la CNCCFP, somme portée à 1 635 454 euros par le Conseil constitutionnel, soit une dissimulation atteignant 7,6% des dépenses ce qui est considérable !

La réintégration de ces sommes omises (volontairement ?) aboutit à un dépassement du plafond de dépenses de 466 118 euros. C’est moins le montant du dépassement qui est en cause que l’ampleur des dépenses dissimulées. Le cas du meeting de Villepinte, le 11 mars 2012 est significatif. Cette réunion a coûté 3 042 355 euros. Le candidat a inscrit dans son compte une dépense de 1 538 037 correspondant à 50,4% du coût total, au motif que le matin s’est tenu un conseil national extraordinaire de l’UMP pour préparer les élections législatives et à ce titre, financé par l’UMP. La CNCCFP relève que le conseil national a accueilli 5 000 personnes, alors que la réunion publique concernait 80 000 participants, selon le site officiel du parti, chiffre réduit à 50 000 personnes par le candidat dans sa réponse à la commission. De ce fait la commission a considéré que la clé de répartition des dépenses, entre le parti et le compte de campagne, n’était pas satisfaisante. Le candidat a bien proposé de retenir les 2/3 de la dépense, mais la commission a réalisé une « juste appréciation » en réintégrant dans le compte 80% des frais de location et d’organisation et 95% du coût du transport des participants. Le conseil constitutionnel l’a suivi sur ce point. Montant de la dépense réintégrée : 1 063 865 euros, somme correspondant aux deux tiers, du montant total réintégré.

Loin d’être une injustice, les décisions de rejet de la CNCCFP en première instance puis, du Conseil Constitutionnel en appel, correspondent à l’application normale de la loi. Elles témoignent surtout de la légèreté  et de l’amateurisme de son équipe de campagne de N. Sarkozy au regard des contraintes que la législation impose à chaque candidat, depuis le maire jusqu’au député, et qu’elle ne pouvait ignorer.

Pourquoi un Président de la République, par ailleurs candidat à sa réélection échapperait à ces contraintes, alors même que sa fonction lui impose un devoir d’exemplarité ?

Cette décision démontre la rigueur avec laquelle la CNCCFP contrôle les comptes de campagne. Elle assure sa crédibilité aux yeux de l’opinion publique qui découvre, à cette occasion, que les dépenses électorales, y compris présidentielles, sont réglementées et contrôlées de manière rigoureuse. On est décidément très loin des campagnes anciennes où l’opacité et l’absence de législation se traduisait par des financements occultes et une utilisation des fonds secrets. Une illustration exemplaire des progrès accomplis depuis vingt ans dans les rapports entre l’argent et la politique.

 

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Published by René Dosière
26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 08:54

Ce mardi 25 juin, je suis intervenu dans l'hémicycle lors des explications de vote, au nom du groupe socialiste, sur le texte de la transparence de la vie publique.

Pour prendre connaissance de cette intervention, cliquez sur le lien ci-après: 

link (sur la bandeau à gauche, descendez à transparence de la vie publique, cliquez sur René Dosière).

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Published by René Dosière
18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 16:04

J'ai été le porte parole du groupe socialiste concernant le texte de la transparence de la vie publique, je suis intervenu à la tribune de l'Assemblée Nationale le 17 juin dernier.

Pour prendre connaissance de mon intervention cliquez sur le lien suivant et sur l'onglet René Dosière à gauche : link

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Published by René Dosière
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:00

 

A l'occasion d'une conférence de presse donnée aujourd'hui à l'Assemblée nationale, j'ai fait une présentation des avancées considérables que le texte sur la transparence de la vie publique introduira en France.
Pour en prendre connaissance, veuillez cliquer sur le lien ci-après :    
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Published by René Dosière
4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 16:13

Aujourd'hui, le mardi 4 juin 2013, je suis intervenu en posant une question au gouvernement. J'ai demandé des précisions à Monsieur le ministre en charge des relations avec le Parlement concernant le futur texte sur la transparence de la vie publique qui sera discuté à l'Assemblée Nationale à partir du lundi 17 juin. 

S2S59hf

 

Pour prendre connaissance de la vidéo, cliquez sur le lien ci-après 

335530 intervention questions au Gouvernement du 4 juin 2013  

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Published by René Dosière
6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 16:34

En tant que rapporteur (avis) des crédits aux territoires d'Outre Mer, j'ai rédigé le communiqué de presse suivant concernant le résultat des élections territoriales qui se sont déroulées en Polynésie Française. 

Pour en prendre connaissance cliquez sur le lien suivant: 

communiqué PF communiqué PF

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Published by René Dosière
6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 13:38

De 1946 à 2001, une partie des « fonds spéciaux » destinée au financement, par définition secret, des services de sécurité (intérieure et extérieure) a été utilisée au fonctionnement des ministères et à la rémunération – sous forme de primes – des ministres et des membres de leur cabinet. Le système, connu des seuls spécialistes va être mis sur la place publique, à l’été 2001, en pleine cohabitation Chirac-Jospin. Les juges découvrent que J. Chirac a payé, en liquides, de nombreux voyages du temps où il était maire de Paris. On explique, du côté de J. Chirac, que cet argent liquide provient des fonds spéciaux du temps où il était Premier ministre, et précise que ce système fonctionne toujours.

En conséquence, Lionel Jospin, Premier ministre demande, le 4 juillet, au Premier président de la Cour des Comptes de lui adresser des propositions dans le cadre d’un réexamen du régime des fonds spéciaux. La note de M. Logerot, est remise, le 10 octobre 2001. La note fait apparaître que le volume des fonds spéciaux s’élevait entre 64 et 70 millions d’euros dans les années 1991 à 1995 (86,7 millions en 1992), pour se situer à 69,3 millions en 1998 et se stabiliser ensuite.

La destination des fonds comporte trois lignes :

·      Les fonds spéciaux du Gouvernement (10%) de l’enveloppe

·     Les fonds spéciaux à destination particulière, subdivisés en deux sous-enveloppes : les dépenses de la DGSE (60% des crédits), et les dépenses diverses (30%).

A l’exception des fonds attribués aux services secrets, les autres demeurent à la libre disposition du Premier ministre.

Lionel Jospin, en réponse aux allusions de J. Chirac durant son entretien télévisé du 14 juillet, donnera, pour la 1ère fois, la répartition de ces dotations pour l’année 2001 (30,1 millions d’euros)

·      Présidence de la République : 3,7 millions

·      Ministère des Affaires étrangères : 0,3 millions

·      Fonctionnement de l’Hôtel Matignon : 5,5 millions

·      Rémunérations complémentaires des personnels du cabinet du PM : 3,7 millions

·      Rémunérations complémentaires des cabinets ministériels : 7,9 millions

·      Actions humanitaires : 1,8 millions

·      Supplément affecté à la DGSE : 5,7 millions

Il en ressort que près du tiers des fonds spéciaux (soit de l’ordre de 20 millions d’euros)  sont affectés à des dépenses de fonctionnement et de rémunération sans lien avec des impératifs de sécurité extérieure ou intérieure de l’Etat.

Si les sommes affectées au fonctionnement des ministères (frais de représentation, dotation de l’Elysée, dépenses diverses) sont attribuées aux comptes concernés par virement bancaire, les sommes destinées à la rémunération complémentaire des cabinets ministériels (primes) sont retirées, en espèce auprès de la Banque de France (11,6 millions pour l’année 2001).

Le chef de cabinet du Premier ministre attribue, à chaque chef de cabinet, de ministre, les crédits correspondant (toujours en espèces).

Ensuite, dans chaque ministère, les fonds sont l’objet d’une première répartition, entre le ministre d’une part et les membres de son cabinet. Une seconde répartition s’effectue, par « enveloppes » entre les membres de cabinet.

Bien entendu, il n’existe aucun chiffre permettant de connaître tant la somme attribuée à chaque ministère (le Canard enchainé évoque une dotation de 18000 euros mensuels aux « grands ministères », 12000 pour les « petits » et 5000 pour les secrétariats d’Etat) que la répartition interne aux ministères. On ne connaît pas la clé de répartition existante entre le ministre et ses collaborateurs.

On retiendra de ce mécanisme, que, pendant près de cinquante ans, les ministres de la République ont perçu une part importante de leur rémunération en espèces, c’est à dire soustraite à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales !

La décision de Lionel Jospin, de mettre un terme à ce dispositif opaque à partir de 2002 constitue donc une véritable révolution administrative. Il est remplacé par une attribution transparente, d’une indemnité de sujétions particulières institué au profit des membres des cabinets ministériels (mais non des ministres) par un décret du 5 décembre 2001.

Désormais, on ne parle plus de « primes de cabinet » mais d’ISP, ces dernières sont soumises à l’impôt et aux contributions sociales. On en connaîtra le montant car il sera rendu public dans une publication officielle – et annuelle – sur les cabinets ministériels.

Concernant les ministres, la régularisation attendra quelques mois : à l’été 2002, le gouvernement de JP Raffarin procède « à l’insu de son plein gré » à une revalorisation de 70% du traitement ministériel. Désormais, là encore, les choses sont transparentes : chaque ministre dispose de la même rémunération soumise à l’impôt et aux cotisations sociales (cette rémunération sera diminuée de 30% en 2012, conformément à un engagement de campagne de F. Hollande.

 

Les indemnités de sujétion particulières (ISP)

 

Elles sont attribuées aux fonctionnaires affectés dans les cabinets ministériels, qu’il s’agisse du « cabinet strict » ou du « personnel de soutien » (chauffeurs, huissiers, secrétariat, sécurité) afin de compenser les heures supplémentaires effectuées, compte tenu de l’amplitude de l’activité ministérielle.

 

Chaque année, un document officiel, annexé à la loi de finances, et intitulé « effectifs des cabinets ministériels » fournit des précisions sur le nombre de bénéficiaires de ces ISP et sur leur montant global.

Ce document, que j’ai analysé à plusieurs reprises est de plus en plus précis en particulier le dernier document, établi par le gouvernement de JM Ayrault (pour l’année 2012)

Afin de prendre connaissance de mes analyses concernant ce sujet, je vous invite à lire sur mon blog les articles suivants :

« Les rémunérations dans les cabinets ministériels » (12/01/2013)

« Le Gouvernement de JM Ayrault est plus économe que son prédécesseur (03/01/2013)

« Les rémunérations dans les cabinets ministériels » (09/10/2010)

« Effectifs dans les cabinets ministériels » (01/12/2009)

« La politique salariale du gouvernement » (28/11/2009)

 

Ainsi que les chapitres IX (le maquis des cabinets ministériels) et XII (Matignon, le difficile contrôle) de l’édition de poche – actualisée – de mon ouvrage « L’argent de l’Etat » (Ed. du Seuil – collection points).

 

Vous trouverez ci-joint un tableau complet (étude ISP 2003 étude ISP 2003-2012)  qui récapitule, depuis 2003, le nombre de bénéficiaire de l’ISP, ainsi que le montant global de ces sommes. En voici un extrait :

 

2006

2008

2010

2012

Nbre de

Bénéficiaires

3727

3561

3736

3003

Montant global (millions d’euros)

20,3

21,7

28,9

24,5

 

A partir de 2011, apparaît une baisse à la suite des analyses que j’avais réalisées précédemment et qui faisaient apparaître que la rigueur épargnait les cabinets ministériels. F. Fillon a donc exigé des efforts qui ont été accentués avec l’arrivée du gouvernement de JM Ayrault en 2012.

La dernière analyse à laquelle j’ai procédé (12/01/2013 et 03/01/2013) fait apparaître des pratiques et des montants différents selon les ministères.

En principe, les ISP ne sont pas attribuées à tous les membres de cabinets. Lorsqu’il s’agit de contractuels, le niveau de leur rémunération – fixé par contrat – incorpore en quelque sorte les indemnités. Ils ne devraient pas bénéficier de l’ISP. Si la plupart des ministères procèdent ainsi, on constate que certains ministères les attribuent, également, aux contractuels.

D’une manière générale les ISP sont réservées aux fonctionnaires. En effet, ceux qui sont affectés dans les cabinets perdent les primes attribuées dans leur ministère d’origine. Il est donc équitable de leur attribuer, en plus de leur traitement, des ISP. Mais on constate que le montant de ces ISP est variable et très inégal.

Par contre on dispose de très peu d’informations sur les critères qui permettent de déterminer le montant des ISP.

 

Concernant la présidence de la République,

Je rappelle que l’équivalent des ISP est attribué aux fonctionnaires affectés au Palais de l’Elysée. Ces indemnités qui, avant 2002, étaient versées en espèces (grâce aux fonds spéciaux attribués à l’Elysée) sont, depuis 2002 attribuées avec la fiche de paie et par conséquent soumises à l’impôt. On constate cependant de très fortes inégalités dans le montant de ces indemnités.

Enfin en 2004, on a modifié le décret de 2001, en prévoyant que les fonctionnaires affectés aux anciens Présidents de la République avaient droit aux ISP. Leur montant global est pris en charge par le budget du Premier ministre (alors que la rémunération principale continue à être supportée par le ministère d’origine).

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Published by René Dosière